Numéro 4


Testodrama

Monstre, stakhanoviste de la postmodernité, se bat pour avoir des questionnements dignes de son époque. C’est tout naturellement, donc, que Monstre a des problèmes identitaires. Monstre est-elle gay, pédé, homosexuelle, queer, ou juste folle ?
Si elle est gay, doit-elle être butch ? Si elle est homo, doit-elle troquer sa « sexualité » pour du nationalisme ? Peut-elle être queer et gay ?
Et si elle était lesbienne ? Ne serait-elle pas plus à l’aise avec sa masculinité ?

Ah, la masculinité ! Force ! Certitude ! Maîtrise ! Puissance ! Sérénité ! Monstre, pour sa quatrième édition, se fait un mégashoot de testostérone. Rien que pour voir ses caractères secondaires exploser, se lever le matin avec la pêche, bander à la moindre occase et avoir la sensation de pouvoir faire exploser le monde, sans en avoir nécessairement l’envie.

L’idée, au départ, était d’interroger le continuum force/violence/agressivité qui caractérise tout ce qui réfère au masculin.
La culture gay serait coincée dans cette problématique, puisqu’on lui reproche souvent de valoriser une hypermasculinité en contradiction avec un discours politique qui historiquement se construit plutôt du côté de la critique de la domination masculine. Il y a ainsi une position particulière des pédés, à la fois « victimes » et « agents » de la domination masculine.

De fait, il y a souvent une effective affirmation quasi hystérique de la masculinité chez les gays, qui se traduit par une obsession libidinale pour les physiques hypermasculins (ça, on kiffe !), ou par l’incorporation plus ou moins contrôlée des codes de violence de certains archétypes masculins (par exemple, les skins, les militaires…), mais aussi, et c’est là que le bât blesse, par une hégémonie des gays sur les autres LGBT, voire un aveuglement aux sorts des autres minorités. Les gays, à force de vouloir l’intégration dans la société, ne reproduiraient-ils pas la domination masculine plutôt que la contester ? Vieille question, qui se réinscrit actuellement alors que les questions de la domination masculine se frottent aux problématiques postcoloniales ou raciales, dans une tentative de croisement des disciplines.

Collaboration graphique Thomas Petitjean et Gilles Beaujard

Début du portfolio consacré aux artistes suisses Pauline Boudry et Renate Lorenz.
https://www.boudry-lorenz.de/
Portfolio confié à l’artiste Clarisse Hahn autour de son projet, commencé en 1998, Boyzone. Une observation du corps masculin, parfois solitaire, parfois en groupe. http://www.clarissehahn.com

La Revue – Numéro 4.

Semestriel. 15€.
Frais de port 3, 80€. Total 18, 80€

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