Numéro 2


Global Gay

Monstre est versatile, vraiment.
Alors se plier aux principes qu’elle s’est elle-même imposés représente une torsion mentale.
Ainsi du choix du thème. Monstre part d’une expression, qui sonne et résonne.
Pour son deuxième numéro, elle s’est arrêtée sur « Gay Global ».
Complètement arbitrairement. En partant de l’idée très convenue que le mouvement gay qui s’est développé depuis quarante ans est international.
Qu’il se décline dans toutes les régions du monde, avec des quartiers, des festivals, des manifestations spécifiques et un agenda politique fondé sur l’égalité des droits : le mariage, la parentalité et bien sûr la lutte contre l’homophobie.
Qu’il se confronte aux mêmes enjeux que les sociétés dans lesquelles il se développe.
À peine le thème choisi, il devient encombrant. « global gay », même renversé en « gay global », c’est vraiment trop relou. Monstre passe donc à autre chose.
Elle fait des rencontres, discute, répond aux questions qu’on lui pose, dit bonjour à la dame, demande poliment.
Pour ne stresser personne.
Trouve que vraiment, Jean-Luc Verna est indispensable pour échapper au terme « homonormatif ».
Se souvient que l’Amant des morts de Mathieu Riboulet avait été le salutaire contrepoint à la Meilleure part des hommes de Tristan Garcia.
Qu’en devenant visibleS LES GAYS ONT jeté dans l’ombre des pans entiers de lEUR sensibilité pédé, qui ressurgissent à la première occasion.
Que sur les photos de Claude Lévêque et de Florent Routoulp, il y a des papiers-peints similaires.
S’émerveille de trouver de telles correspondances.
S’aperçoit que les gays sont décidément irrécupérables, même la pub n’a pas réussi à leur faire un plan hard selling.
Lit quelques trucs sur la globalisation du mouvement gay et comprend que celle-ci est à double tranchant :
Si elle est une force pour mobiliser, elle peut aussi être envahissante, voire écrasante par bien des aspects — identitaire, communautaire, genré, générationnel, postcolonial, capitaliste, etc.
Alors, c’est le gay qui est global, ou c’est le global qui est gay ? ça ne restera qu’un truc de pédéS, anyway…

La Revue – Monstre 2.

Semestriel. Juin 2010. 15€
Frais de port 3, 80€. Total 18, 80€

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